[SPÉ CiAV] Exposition "L'épaisseur du Silence" de REZA

Rédigé le 21/09/2023
Eric Gudenkauf


Le CINÉ-ROMAN et l’épaisseur du silence…

L’an dernier, les élèves de l’enseignement de spécialité CiAV avaient eu la chance d’assister à l’amphithéâtre à la projection du documentaire sur ABBAS, grand reporter et photographe iranien mondialement connu. L’occasion leur avait été donnée de rencontrer lors d’un échange autour du film, le réalisateur et l’un des fils de l’artiste décédé.

 

Cette année, les élèves de l’option CiAV et du niveau 1ère de la SPÉ CiAV se sont rendus à l’exposition qui a eu lieu tout l’été au Kiosque, sur le port de Vannes. « L’épaisseur du Silence » présente encore pour quelques temps un regard sur l’œuvre du photojournaliste iranien Reza devenu « correspondant de paix ». Il parcourt le monde depuis presque un demi-siècle et témoigne de ses conflits, un appareil photo à la main qu’il ne quitte jamais.    

 

Les élèves ont été invités à suivre, à côté des images iconiques publiées dans la presse internationale, un nouveau regard sur son travail, à travers des archives qui soulignent son rapport intime au monde et des textes écrits par Rachel Deghati, sa compagne et complice de route. Certains ont eu la chance d’approcher et de rencontrer l’artiste.  Reza quitte l’architecture en 1979 pour un engagement : « la photographie au service de l’humanité ». Il gêne le pouvoir de la toute nouvelle dictature et doit s’exiler en France au début des année 80. C’est ainsi qu’il forme en 1995 au Rwanda de jeunes photographes dans un camp dans lequel l’aide humanitaire s’essouffle : de ce travail de constitution de 37 000 portraits d’orphelins, 3500 auront la chance de retrouver leurs familles.

 

Reza, c’est plus de 40 ouvrages, plus de 2 millions de clichés à travers les soubresauts du monde, mais c’est aussi le souci constant de porter un message au public et dans le cadre d’une éducation à l’image qui est selon ses dires le langage universel actuel. Si les guerres sont montrées dans ce qu’elles ont de plus abjecte, Reza privilégie l’esthétisme en vue de la compréhension par l’émotion, mettant le focus sur les premières victimes, les enfants, selon deux points de vue majeurs, la beauté et l’injustice.

 

Afin de tirer parti de la richesse da la matière exposée, les élèves sont invités à produire un ciné-roman, à partir d’une des photos retenues parmi celles de l’exposition. Un thème a été retenu en toile de fond, celui du voyage. Il est décliné selon le niveau respectivement en « partir » et « au-delà de la fenêtre ». Les élèves de la SPÉ CiAV ont été invités à produire un film dans lequel ils opèrent l’inverse de ce qui est écrit dans le film La JETÉE de Chris Marker (1962), à savoir insérer une photo au milieu d’un film, pour figer le temps.